Société

La France rejoint les pays qui pilotent le projet du plus grand radiotélescope du monde dédié aux origines de l'univers

Jun 5, 2026 IDOPRESS

Le site du radiotélescope de Nançay dans le Cher,le 3 octobre 2019. Illustration. (GUILLAUME SOUVANT )

La France rejoint,jeudi 4 juin,les pays qui pilotent le projet du plus grand radiotélescope du monde dédié aux origines de l'univers,apprend franceinfo. Le Square kilometre array observatory (SKAO),est actuellement en construction en Afrique du Sud et en Australie. Piloté jusqu'ici par 13 pays,cet observatoire hors norme vise à sonder les confins de l'univers,jusqu'à ses origines,il y a plus de treize milliards d'années,lorsque les premières étoiles et galaxies se sont formées,au sein de ce qui n'était qu'un vaste nuage de gaz dit "neutre". La France devient donc le 14e pays à intégrer le consortium qui pilote le projet.

En Afrique du Sud,près de 200 antennes paraboliques de 13 à 15 mètres de diamètre seront déployées sur des centaines de kilomètres dans le désert du Karoo. En Australie,quelque 130 000 petites antennes seront installées dans des zones isolées de l'ouest du pays. Ensemble,elles formeront une gigantesque "oreille" capable de capter les signaux radio les plus faibles émis par l'univers profond.

"La France est fière de rejoindre SKAO"

L'un des objectifs majeurs de ce radiotéléscope est d'étudier l'époque dite de la "réionisation",lorsque les premières sources lumineuses ont transformé le gaz neutre primordial. "Lorsque les premières étoiles et galaxies s'allument,leur rayonnement ionise ce gaz neutre,créant des bulles d'ionisation",explique Benjamin Magnelli,astrophysicien au Commissariat à l'énergie atomique (CEA). "Avec Skao,on va pouvoir cartographier,comprendre la statistique du nombre de bulles,comment elles évoluent,comment elles grandissent au cours des différents âges de l'univers et donc comprendre la formation des galaxies",précise-t-il.

Contrairement aux télescopes optiques,le radiotélescope observe les ondes électromagnétiques dans le domaine radio,offrant une vision complémentaire de l'univers. "Avec nos yeux,on va voir par exemple les étoiles de notre propre galaxie,alors qu'avec les ondes radio,on va principalement voir la matière qui est autour de ces étoiles",souligne le scientifique. En rejoignant officiellement le consortium,la France accède à des temps d'observation privilégiés pour ses chercheurs. Les premières campagnes scientifiques sont attendues à partir de 2027.

Emmanuel Macron avait annoncé l'intention de la France de rejoindre le SKAO en 2021 lors d'une visite d'État en Afrique du Sud,rappelle ce jeudi le ministère de l'Enseignement supérieur dans un communiqué transmis à franceinfo. "La France est fière de rejoindre SKAO,qui construit les plus grands réseaux de radiotélescopes au monde dans cette gamme de fréquences. Cette collaboration internationale ambitieuse illustre ce que les pays peuvent accomplir ensemble,bien au-delà de ce que chacun pourrait réaliser seul",déclare dans ce communiqué Jean-Luc Moullet,directeur général de la recherche et de l'innovation au ministère de l'Enseignement supérieur,de la Recherche et de l'Espace.