Économie

\"Le calendrier reste extrêmement ambitieux\" : après Artemis II, les États-Unis accélèrent pour retourner sur la Lune d'ici 2028.

Aug 3, 2026 IDOPRESS

Les astronautes de la NASA Randolph Bresnik,Francisco Rubio et Andre Douglas,ainsi que l'astronaute de l'Agence spatiale européenne Luca Parmitano,sont présentés comme l'équipage de la mission Artemis III au Centre spatial Johnson de la NASA,à Houston,le mardi 9 juin 2026. (Houston Chronicle/Hearst Newspap / Hearst Newspapers)

Le 7 avril 2026,en tout début de nuit,les quatre membres d'équipage de la mission Artemis II,s'apprêtent à disparaître derrière la Lune,privée de tout lien avec la Terre pendant 40 minutes. "Nous allons bientôt ne plus pouvoir communiquer,mais nous espérons sentir votre amour depuis la Terre. Et à vous tous,en bas,nous vous aimons depuis la Lune."

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Ce passage derrière notre satellite naturel est l'apogée de cette deuxième mission du programme Artemis. Elle doit préparer le retour des astronautes américains sur la Lune,54 ans après le départ du dernier homme à avoir foulé son sol gris et rocailleux,l'Américain Eugene Cernan,en décembre 1972,lors de la mission Apollo 17. À l'époque,le voyage sur la Lune perdait de son intérêt,sa conquête ayant été gagnée en 1969 par les États-Unis,devenus à jamais le premier pays à déployer son drapeau sur place,à 400 000 kilomètres de la Terre.

Plus d'un demi-siècle plus tard,la Lune est donc redevenue un objectif pour les États-Unis,alliés cette fois avec les agences spatiales occidentales : Europe,Canada et Japon. La prochaine étape : Artemis III.

Une nouvelle course à la Lune ?

"L'histoire de la mission Artemis III est quand même assez surprenante",lance Olivier Sanguy,responsable des actualités spatiales à la Cité de l'Espace à Toulouse. "Au départ,c'était Artemis II,on fait un tour de Lune et puis Artemis III,on se pose. Quand on regarde ce qui a été fait au moment d'Apollo,on a été beaucoup plus prudent."

"Apollo 9,c'était le test du matériel lunaire autour de la Terre,c'est-à-dire la capsule Apollo avec le module lunaire. Et puis avec Apollo 10,on fait la même chose mais autour de la Lune et on ne se pose pas."

Olivier Sanguy,responsable des actualités spatiales à la Cité de l'Espace à Toulousefranceinfo

Artemis III devrait donc finalement jouer un rôle comparable à celui d'Apollo 9 : tester le matériel nécessaire au futur alunissage avant de véritablement envoyer des astronautes. "Avec l'arrivée du nouvel administrateur de la NASA,Jared Isaacman,ça a été acté. La mission Artemis III est devenue une sorte d'Apollo 9 bis où on va tester le matériel lunaire autour de la Terre. Mais le calendrier reste extrêmement ambitieux,pour ne pas dire trop serré. Mission de test en 2027 et on se pose l'année d'après en 2028."

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La Chine affiche elle aussi des ambitions lunaires et pourrait tenter un alunissage habité dès la fin de la décennie,voire en 2029. "On prête à la Chine la volonté de vouloir faire un alunissage habité en 2029 pour les 80 ans de la République populaire de Chine",révèle Olivier Sanguy. "Cela permettrait au pouvoir chinois de dire au monde entier : 'Nous sommes une société de la connaissance technologique'. Mais aussi en interne,d'avoir le discours : 'Regardez ce que fait votre pays quand il est uni'. Il y a donc un double agenda politique. Pour autant,la Chine n'a jamais officiellement affirmé vouloir être la première à retourner sur la Lune.

"Si on regarde bien les déclarations officielles,la Chine n'a jamais dit : 'Notre but est d'aller sur la Lune avant que les Américains y retournent'."

Olivier Sanguy,responsable des actualités spatiales à la Cité de l'Espace à Toulousefranceinfo

"En revanche,du côté américain,oui,le camp républicain du président Donald Trump,dit : 'Si nous ne retournons pas sur la Lune avant que la Chine y aille la première fois,ce sera un signe d'affaiblissement'. Un objectif qui pourrait pourtant mettre la pression sur un programme Artemis déjà confronté à des retards.

Pour Olivier Sanguy,la véritable course ne se joue d'ailleurs peut-être pas uniquement entre Washington et Pékin,mais peut-être en interne. "La course,elle est peut-être à l'intérieur,à savoir qui va fournir en premier l'atterrisseur qui va permettre d'avoir des Américains qui marchent à nouveau sur la Lune. Une course,entre deux milliardaires,Jeff Bezos avec Blue Origin et Elon Musk avec SpaceX,les deux sociétés ont été retenues pour donner un atterrisseur. La NASA a clairement dit : on prendra l'atterrisseur qui sera prêt en premier."

Et pour cette mission test Artemis III,un Européen a été sélectionné,l'Italien Luca Parmitano,issu de la même promotion que Thomas Pesquet.