Catastrophe

Vers un tatouage pour identifier les contenus générés ou modifiés à l’aide de l’IA

May 25, 2026 IDOPRESS

Un tatouage numérique est évoqué pour identifier les contenus générés à l'aide de l'IA. (MR.COLE_PHOTOGRAPHER / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Si on a désormais l’habitude de dire que l’Intelligence artificielle est partout. Voici que désormais elle devra être clairement identifiée…

À partir du 2 août 2026,les citoyens de l’Union européenne devront en effet "être informés lorsqu’ils interagissent avec des systèmes d’intelligence artificielle ou sont exposés à certains contenus générés ou manipulés par l’IA". C’est l’annonce faite officiellement par la Commission européenne en mai 2026 à l’occasion de l’entrée en vigueur progressive de l’AI Act,le cadre juridique de l’emploi de l’intelligence artificielle adopté par l’UE.

L’article 50 de l’AI Act impose aux fournisseurs et exploitants de contenus (textes,images,sons,vidéos) synthétiques – donc générés à l’aide de l’IA – de les signaler de manière indélébile,claire et identifiable au premier coup d’œil. Le but étant évidemment d’éclairer le citoyen et de prévenir les opérations de désinformation facilitées par la production de messages façonnés par les algorithmes.

Avec des risques de manipulation de l’opinion ou d’usurpation d’identités à l’aide de séquences fictives,mais ayant toutes les apparences de la réalité. Cela ne concerne que les publications réalisées dans un cadre professionnel,et pas les productions émanant de particuliers.

Des contraintes techniques pour éviter les contournements

Les contraintes sont à la fois techniques et humaines. D’une part,il va falloir opter pour des modes d’identification très visibles et indélébiles : mentions explicites en début ou fin de publication,filigrane apposé sur l’image ou la séquence vidéo… en veillant à ce qu’ils soient lisibles tout en n’altérant pas trop le rendu du contenu en question.

On parle également d’un tatouage numérique dans les métadonnées – les informations techniques sur les caractéristiques techniques de chaque fichier numérique – mais il faudra alors prendre en compte leurs possibles modifications ultérieures,et les copies par capture d’écran ou par l’emploi d’un scanner.

Et d'autre part,côté humain,il faudra détecter les campagnes de désinformation présentées comme émanant de simples particuliers,qui ainsi s’exonéreraient de l’obligation de mentionner l’usage de l’IA. Dans ce cas,l’intention d’influer sur le débat public s’imposera pour rendre obligatoire l’avertissement,même si c’est un simple citoyen qui prétend s’exprimer.

Une possible exception ?

La Commission européenne ouvre jusqu’au 3 juin 2026 un appel à commentaires accessibles à tous : entreprises,associations et aussi les citoyens que nous sommes,pour se prononcer sur une exception à ce régime de signalement du recours à l’IA pour produire des contenus. La Commission propose une dispense si lesdites publications "ont fait l’objet d’une vérification humaine ou d’un contrôle éditorial préalables".

Puisque le sujet nous concerne tous,en tant que citoyen-électeur-consommateur-lecteur-auditeur et potentiels producteurs de contenus,vous êtes invités à participer à cette consultation.